10. TDM : 10 mois – Retomber en enfance (fr only)

Le compte à rebours s’est arrêté l’espace d’un instant…

En arrivant en Corée du Sud, je pensais déjà beaucoup au retour. Le premier mois a été un mix de vacances/voyage où on a enchaîné les attractions touristiques, balades dans la montagne et découvertes en tout genre et puis le compte à rebours du retour s’est arrêté pour mieux me laisser retomber en enfance dès notre arrivée à l’école alternative Silsangsa Jakeun.

 

Ma personnalité à l’épreuve des apprentissages

Back to childhood_finger drawing_change_project_eatstowest

Le changement ! C’est le mot, et dans tous les sens du terme. Il y a un an, j’ai comme la sensation d’être rentrée dans une énorme machine à laver les sentiments, les idées reçues, les jugements, les comportements et les réflexions et de croire à chaque fin de cycle que “ça y est là c’est bon, il n’y a plus rien à laver”. Je me laisse surprendre à chaque fois que la machine se remet à tourner de tout ce qu’il reste encore à décortiquer, découvrir, délaisser à mon propos et à propos de l’être humain. Quelle aventure incroyable…. et épuisante parfois aussi !

Il y a 6 mois dans mon point après l’Egypte, je disais déjà :

Pendant 4 mois, j’ai redécouvert des démarches instinctives de mon enfance qui m’avaient beaucoup manqué et j’ai étrangement “grandi (d’un point de vue humain)… en régressant (du point de vue de ma société)”. J’ai réappris la spontanéité, la créativité, le lâcher-prise, l’analyse émotionnelle qu’on m’a tant interdite en entreprise et qui pourtant est ma plus grande alliée et est 100% plus juste qu’une analyse pragmatique

Et après notre passage avec les étudiants et professeurs de l’école alternative, j’ai le sentiment d’avoir fait un pas plus loin dans cette démarche. A leur contact, j’ai réappris l’espoir, le rêve, l’erreur et la confiance.

L’espoir que tout soit possible, qu’il suffit de vouloir pour pouvoir ou en tout cas d’essayer. L’espoir en l’être humain et le fait que chacun est capable du meilleur si on veut bien lui laisser une chance de se prouver à lui-même qu’il en est capable. L’espoir que demain ne soit pas gris et terne mais chaleureux et multicolore grâce aux sourires de ceux qui n’ont pas perdu l’envie d’y croire. Et enfin l’espoir de ne pas être seule à se battre pour ce qu’on croit être juste et que doucement, le message prendra et même les plus réfractaires finiront par être libres.

Le rêve d’un monde meilleur, d’une vie simple et d’une infinité d’apprentissages. Le rêve de peu importe quoi tant qu’on y met toute sa malice et son énergie.

L’erreur et le fait que ce soit bien de faire des erreurs, apprendre de ses erreurs et non se flageller avec et surtout se pardonner ses erreurs pour avancer et passer à autre chose.

La confiance en l’humanité et dans le fait que l’Homme aime l’auto-destruction mais qu’il n’y arrivera certainement pas de si tôt car il y aura toujours des illuminés pour sourire à ceux qui ont perdu l’espoir. La confiance dans les gens qui nous entourent et savoir que chacun peut résoudre ses problèmes et trouver ses solutions, chacun peut demander de l’aide si vraiment c’est nécessaire et chacun est responsable de ses choix. Et surtout la confiance en soi et l’assurance que tout est possible et que la recette est simple et toujours la même pour accomplir quelque chose de magique : Rêve, espoir, énergie, confiance, erreurs, pardon, apprentissage, espoir, énergie et on recommence !

 

Le retour approche

CHange_Fingers drawing_End of round the world trip_back home_Going back_end

Après la parenthèse Silsangsa, le compte à rebours a repris et avec lui la valse des questions sur l’avenir. Quand on voyage, on entend tous ces gens, expatriés ou voyageurs, qui se plaignent du retour qui est si difficile. On s’imagine la folie et la joie de retrouver nos proches et la nourriture de nos pays. Mais on n’est pas naïf, on sait qu’après quelques heures, on fait de nouveau partie des meubles et que le train-train quotidien, celui-là même qu’on se réjouit d’avoir abandonné chaque jour depuis un an, reprend presque comme on l’avait laissé (enfin sauf que nous on ne retourne pas en entreprise… c’est déjà ça!).

Alors on fait des plans, on se projette plus loin et on se rassure en se disant que le retour sera une aventure en soit, vu qu’il y a toute une vie à construire. On se félicite d’avoir déjà un rêve et un plan assez précis pour le rendre réalité et on espère que ça va suffir pour ne pas se laisser aller à la nostalgie du voyage. On espère aussi que la pression sociale (celle-là même dont on a découvert la présence qu’après s’en être éloigné) ne fera pas un énorme travail de sappe sur notre joli rêve et notre énergie et on prie pour que nos proches, restés en Europe, soient bienveillants à notre égard comme on se promet de l’être à leur égard.

Rappelez-vous le point des 2 mois :

J’en viens donc à la conclusion que ce n’est pas cette région du monde qui fait la différence dans les relations hommes/femmes mais plutôt les gens, ce qu’ils dégagent, ce qui les anime et ce pour quoi ils se battent. |…| Il me semble que la pression sociale est différente selon les pays mais que ça reste elle qui force les gens à subir leur vie plutôt qu’à la sublimer.

Alors oui il reste beaucoup de questions qui ne trouveront des réponses qu’avec le temps, mais on est plus que jamais motivé pour affronter ce qui nous attend, “En avant là-dedans” ! Encore 40 jours pour profiter et après ça au boulot ! La prochaine année est déjà bien planifiée et bien remplie, n’espérez pas faire une overdose de notre présence, on ne passera qu’en coup de vent pour rejoindre notre nouvelle aventure : la découverte du Portugal et si ça nous plaît, l’achat de terres!

Copyright © 2014 · All Rights Reserved · Eats To West