7. TDM : faire le point après 4 mois (fr only)

FR only… too personal (understand “too complicated”) to be translated in a language that is not my mother tongue. Sorry guys ! (But if you speak french and english and you want to translate this post, be my guest, I would love that eatstowest@gmail.com!)

Déjà 4 mois sur les routes, il est temps de quitter le Moyen-Orient

Après mes 2 premiers mois de voyage en solo en Turquie et Géorgie, je pensais avoir fait le plus dur – adaptation au concept du voyage en solo – et que cette aventure était finalement relativement “de la tarte”… Puis j’ai voyagé en Iran et en Egypte. Je ne vais certainement pas dire que c’était difficile mais ça m’a bouleversée, ça m’a secouée, ça m’a changée en quelque sorte et surtout ça m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Car oui, l’idée de cette grande aventure est avant tout d’en apprendre un maximum sur les produits des pays étrangers et sur les techniques culinaires et recettes de nos voisins  de l’Est. Mais ce voyage continue à être aussi un travail sur moi, mes envies, mes besoins, mes valeurs, mes relations avec les autres, mes limites, mes rêves et finalement une belle et grande introspection.

 

Le cuistot qui est en moi

Change_New life_Changement_New domain_Nouvelle activité

 

Comme je disais dans mon point après 2 mois de voyage, je pense très vite m’émanciper de ce que j’ai appris à l’école puisque je ne souhaite ni travailler dans un restaurant ni ouvrir un restaurant.

J’ai souhaité finir le programme de l’école pour apprendre les techniques de cuisson et comprendre comment cela fonctionne (ce que j’ai finalement appris en 3ème année, merci chef Delheylle !) et pour tout le reste, il est clair que cela sert à ma culture générale et que c’était toujours intéressant à découvrir mais il y a peu de chance que je m’en serve un jour. Je découvre en savoir bien plus sur les produits en apprenant à les transformer qu’en les étudiant à l’école (comme pour tout finalement, non ?!?) et je me demande pourquoi on ne s’est pas plus concentré sur le produit pendant ces 3 années d’école plutôt que sur le métier. Un bon cuistot en voie de devenir chef ne devrait-il pas commencer par apprendre à transformer du lait en crème puis en beurre ? Ou en faisselle puis en fromage frais, puis en fromage affiné ? Ou ne devrait-il pas apprendre à connaître les abeilles et comprendre comment faire du miel et quel est le pouvoir sucrant de ce dernier avant de l’associer à un plat ou un dessert? Un bon cuistot ne devrait-il pas être capable de connaître la différence entre le miel, le sucre de la canne à sucre, le sucre de la betterave, savoir où, quand, comment, pourquoi avant de les utiliser ? Former des cuistots responsables et conscients de la nature et de l’écosystème qui les entourent ne fait-il pas sens?

Avec toutes ces réflexions, je pense clairement avoir une grosse partie de mon activité basée sur la transformation des produits de base. Faire du miel, faire du fromage, des yaourts et tous les dérivés du lait nécessaire à la cuisine, du pain, faire des jus, des confitures, des glaces aux parfums naturels, faire des liqueurs sur base des produits du jardin, préparer les conserves pour l’hiver et utiliser le bon procédé de conservation pour le bon produit, faire mes propres épices  et utiliser un maximum d’herbes et de produits naturels pour assaisonner. Et évidemment faire des ateliers sur le sujet afin de transmettre mes découvertes.

Mon féminisme à l’épreuve de cultures différentes

change_Middle east_Round the world trip_Foodtrip_personnal questions

 

Comme je l’expliquais dans mon article “pourquoi j’ai traversé le Caire à pied…” je commence à comprendre d’où viennent les différences hommes/femmes et ce qui les a fait évoluer vers ce qu’elles sont aujourd’hui dans la société occidentale d’où je viens. Tout semble partir d’un besoin de protéger l’autre des dangers potentiels.

En Egypte, à Shandawill, j’ai eu une drôle d’aventure. Je vivais avec 2 dames de l’âge de mes parents. Tout un tas d’activités correspondant à mes besoins avaient été organisées pour moi : cuisine, boulangerie, visite des champs etc. Un après-midi, alors que je souhaitais aller me changer les idées et surtout être un peu seule, j’ai découvert que mes 2 hôtesses avaient décidé que je n’avais pas le droit de sortir dans la rue… seule. Car c’était trop dangereux pour une femme, étrangère et seule de se promener dans un village où personne n’a l’habitude de voir des étrangers. Je peux être flexible sur beaucoup de choses, l’endroit où je dors, les toilettes que j’utilise (ou l’absence de toilettes que j’utilise), ce que je mange (je suis d’ailleurs très curieuse à ce sujet), ce que je fais comme activités etc… Mais il y a un seul et unique sujet sur lequel je suis absolument inflexible… Ma liberté. Je DOIS être libre de pouvoir aller où je veux, quand je veux et avec qui je veux. Ma liberté est mon bien le plus cher, elle est l’unique raison pour laquelle j’ai tout laissé derrière moi… Elle est la seule chose qui me reste du coup. J’ai donc dû expliquer cela à mes 2 hôtesses pour leur faire comprendre combien le fait de m’interdire de sortir dans la rue était pour moi comme un emprisonnement. Leur réponse était simple : “Mais c’est pour ton bien, c’est très dangereux pour toi dehors”… Ne dit-on pas “pécher par excès d’amour”?

La démarche de mes 2 hôtesses était “noble” d’après la société dans laquelle on vit mais le plus beau geste  n’est-il pas justement de donner à l’autre “sa liberté”. Absence de jugement, absence de commentaire, absence de guerre d’égo pour savoir qui a raison puisque chacun suit ses propres besoins… n’est-ce pas ça la plus grande preuve de générosité ?

Je me demande du coup, dans quelle mesure les différences entre hommes et femmes ne sont pas identiques à ce que nous mettons dans notre rapport à la hiérarchie, au pouvoir et à l’âge ? Comment des “anciens”, à grands coups de contraintes et d’interdictions en arrivent à tuer les plus jeunes esprits créatifs en croyant les protéger mais finalement en les enfermant dans un monde un peu étriqué où il n’y a qu’une seule bonne manière de se comporter et de penser. Vu d’où je me trouve, il y a des milliers de millions de milliards de façons d’envisager le monde, la vie et les aventures qui vont avec, alors pourquoi se restreindre à une seule option ?!?

 

La solitude liée au “voyage en solo à long terme”

Change_New life_Friendship_Changement_Nouvelle vie_Etre entoure_Ensemble_Amitié

 

Comme je le disais dans mon article expliquant les nouvelles règles du voyage, je vais bientôt passer d’un mode solo à un mode duo.

Les apprentissages faits grâce à ces 4 mois seule sur les routes sont très nombreux et si l’occasion se présente à nouveau plus tard, je n’hésiterai pas une seconde à repartir pour découvrir les apprentissages suivants.

Pendant 4 mois, j’ai redécouvert des démarches instinctives de mon enfance qui m’avaient beaucoup manqué et j’ai étrangement “grandi (d’un point de vue humain)… en régressant (du point de vue de ma société)”. J’ai réappris la spontanéité, la créativité, le lâcher-prise, l’analyse émotionnelle qu’on m’a tant interdite en entreprise et qui pourtant est ma plus grande allier et est 100% plus juste qu’une analyse pragmatique. Je suis un enfant du marketing, je trouve cette science passionnante mais je sais que l’être humain est imprévisible. Toutes les données qu’on peut réunir à son sujet ne seront jamais suffisantes pour anticiper ses besoins, ses réactions et ses envies. Il y a autant de besoins, de réactions et d’envies qu’il y a d’individus sur cette terre et c’est comme ça que ça doit être.

J’ai aussi appris la liberté, celle qui m’a permis d’aimer à nouveau (pas une personne… beaucoup de personnes ! Euh… Non sauf les chauffeurs de taxi!) et j’ai surtout appris qu’il n’y a pas UN bonheur à acheter/accepter/copier grâce à un travail avec un bon salaire et un joli titre sur une carte de visite. Il y a un bonheur pour chaque individu, que chacun doit chercher en soit et non dans des magazines ou à la télé (oui ça semble tarte comme ça mais c’est très simple pourtant).

Je vais donc mettre à l’épreuve tous ces apprentissages dans la suite de mon voyage dans la région des mille sourires avec mon “meilleur ami” et j’espère continuer à ouvrir plein de nouvelles portes seule, ou à deux… ou à plus en fonction de mes rencontres. Je me réjouis de ce qui arrive et pour ceux qui m’ont posé la question, je ne pense ni au retour, ni à mon départ, ni tellement à rien en rapport avec les dates et l’heure puisque j’ai complètement perdu la notion du temps (j’ai par miracle réussi à souhaiter 2 anniversaires en temps et en heure cette semaine, je me demande encore comment j’ai fait…)

 

A suivre…

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