11. TDM : un an de voyage, le bilan !

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@les petites cases s’invitent sur Eats to West pour faire le point sur 1 an de voyage et d’émotions…

 

Turquie : “Canon cet endroit, je pourrais m’y installer… mmmh il doit y avoir un truc louche”

Turkey_Travel_round the world trip_change_Feeling_How to_Top things to_Photo invasionPas facile le premier mois de voyage !
Le départ de l’aventure peut parfois être un véritable ascenseur émotionnel, une machine à laver les émotions et les idées préconçues dans une atmosphère de doute perpétuel. Quand on commence, il peut arriver qu’on soit ouvert à toutes les opportunités et dans une démarche d’acceptation constante pour être certain de ne rien rater… C’est très chouette et très grisant mais si ce n’est pas parfaitement sous contrôle, il peut arriver qu’on se retrouve finalement à devenir une proie parfaite à l’arnaque et autre fourberie.
De mon côté, j’ai en effet passé un mois à faire un pas en avant, 5 pas en arrière et à avoir mon stresso-mètre dans le rouge. Heureusement, j’ai rencontré plein de très chouettes gens qui n’ont pas abusé de ma confiance et qui m’ont en quelque sorte protégé des dangers potentiels pour me donner le temps de m’adapter à mon nouveau style de vie et j’ai appris des choses vraiment géniales. Mais le sentiment global de ce mois en Turquie était assez mitigé et il en ressortait globalement un besoin de définir mes priorités ainsi que mes limites pour survivre aux 11 mois restants.

 

Géorgie : “Rien de tel qu’un lavage de soutif à la fraîche pour réfléchir au monde, au temps qui passe et à l’avenir”

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Et puis l’aventure intérieure commence !
Le deuxième mois marque du coup un passage critique, ça y est c’est officiel, on n’est pas en vacances mais bien dans un projet long terme. Le rythme change, les habitudes changent, les interactions avec les locaux changent également…
Pour moi, la Géorgie a donc été un bon pas vers la révélation intérieure. Pays de montagne et de calme, j’ai pu y prendre le temps de faire le point avec moi-même, de contrôler mes envies et mes besoins et de définir mes priorités et ma feuille de route émotionnelle. J’y ai rencontré beaucoup de femmes seules venues faire un “pèlerinage” intérieur également et nous avons donc échangé, refait le monde et débattu tout en découvrant des paysages de montagne à couper le souffle et en dégustant les nombreux mets délicieux qui composent la cuisine traditionnelle locale. Réajustement des balances et hop c’est reparti !

 

Liban : “Liberté, créativité et partage…. je dis oui, Yalaaaaaa !”

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Puis certains pays correspondent mieux que d’autres…
Quand on arrive dans un pays où on se sent comme chez soi, l’aventure prend encore une autre couleur et on a soudain l’occasion de vivre un voyage très particulier, plus proche de ses valeurs. Dans ces moments tout devient simple et les rencontres n’en sont que plus riches.
Le Liban a été un énorme coup de coeur tant par ses paysages que sa cuisine et son peuple. Je me suis vite sentie habitée d’une frénésie de tout découvrir, comprendre, essayer et goûter. J’ai pu laisser les questions existentielles au vestiaire pour me concentrer sur mes rencontres et mes découvertes car il me semble qu’au fond je comprenais les codes de ce pays assez facilement. J’ai donc pu laisser libre cours à ma liberté et ma créativité pour traverser ce pays en long, en large et en travers et partager un bout d’aventure et quelques anecdotes avec les gens que j’ai croisés… Quel plaisir !

 

Iran : “Bon je ramasse des grenades… Mais apparemment même ça je ne peux pas le faire sans surveillance…”

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Et dans une même région, les pays passent et ne se ressemblent pas.
Et à l’inverse, lorsqu’on passe quelque temps dans un pays dans lequel on ne se sent pas en phase, tout se complique. C’est dans ces moments que l’on fait souvent les plus grandes découvertes et les plus grands apprentissages mais comme tous les grands apprentissages, ça se passe globalement dans la douleur.
Pour moi, c’est exactement ce qu’il s’est passé en Iran. Au début je me suis vue couper les ailes par un système extrêmement rigide. J’ai cependant accepté cette situation car je m’y attendais et que mon credo est avant tout de respecter les us et coutumes de mes pays d’accueil au nom de la découverte et de la curiosité. Puis quand j’ai compris qu’il y avait en fait une liberté à deux vitesses souvent liée à vos connexions et à votre pouvoir d’achat (ou si vous êtes une femme, aux connexions et au pouvoir d’achat de votre mari)… là on m’a perdue ! J’ai cependant fait une très belle rencontre à Fahraj qui m’a permis de parler à coeur ouvert de la situation de ce drôle de pays et de la façon dont ses résidents contrebalançaient leur manque de liberté par une certaine hypocrisie tout à fait assumée… De mon côté, ça a fait “tilt” et j’ai décidé que mon projet se ferait en Europe, là où je comprends les codes, les valeurs et où je me sens légitime et libre d’aller à contre-courant du système qui m’entoure.

 

Egypte : “Nan mais c’est bon là, je ne joue plus… Au moins ici ils devraient me laisser tranquille !”

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Et puis certaines rencontres vont vous émouvoir à tout jamais !
Parfois il y a ces gens dont on croise la route et avec qui la magie opère. Ces gens qui vont challenger votre façon de penser avec bienveillance, vous apporter des réponses à certaines questions que vous vous posiez et avec qui vous allez, d’une certaine façon, grandir et peaufiner vos schémas mentaux.
Sur la lancée de l’Iran, je suis donc arrivée en Egypte, un deuxième pays subissant une forte oppression du pouvoir en place. Mais cette fois, je me suis retrouvée au coeur du débat avec mon ami “Moheb” qui faisait lui-même partie d’une des minorités : catholique, divorcé, ayant arrêté de travailler pendant 5 ans pour réfléchir, progressiste en devenir sur la question du couple et de la place de la femme et prêt à relever le défi du débat avec une féministe européenne libre… Mon voyage en Egypte n’a franchement pas été de tout repos mais a été passionnant et intense. Et si j’ai ressenti le besoin de m’isoler quelques fois pour me recentrer sur mes valeurs et mes limites, je n’ai jamais autant appris sur moi, le monde, l’Homme et les mécanismes  de communication qu’en 2 semaines en Egypte. C’est le coeur gros et très lourd que j’ai dû quitter Moheb, sa famille et ce pays incroyable de beauté et de contradictions que j’avais l’habitude de comparer avec une chambre d’ado pas rangée.

 

Laos : “Et sinon, ça va comme tu veux choupinou ?”

Laos_round the world trip_Travel_photo invasion_Feeling_Couple_How to_Things to do_badassAventure seul ou accompagné ?
Le défi du voyage en couple est un défi extrêmement challenging qui finit toujours par un constat : celui que les routes doivent se séparer ou celui que les routes vont définitivement coller encore pour un bon moment pour réaliser de beaux projets. Le voyage est un projet dans lequel les sentiments sont tellement exacerbés et les situations tellement instables qu’on découvre le meilleur comme le pire de son partenaire. Et c’est au travers de ce pire qu’on finit par savoir si on est capable de traverser ensemble les aléas du quotidien et les grands défis de la vie pour arriver à un résultat qui nécessite 2 personnes ou si au contraire à deux, on ne fait qu’être toxique l’un pour l’autre et empirer les situations.
Pour moi, le Laos a été une terre de changement. Changement de région du monde, de décor et d’aventure
Le Laos est finalement un pays parfait pour se mettre à niveau avec son +1 car c’est un pays extrêmement calme et serein ou aucun élément extérieur ne vient compliquer le débat. Et puis quand on veut vraiment que cela fonctionne et que les deux membres du couple sont volontaires on sort de son chapeau tous ses outils, en avant compromis, négociations et techniques de communication, on a un couple à faire rouler ! Une fois que les nouvelles règles ont été claires pour tout le monde, le couple a laissé la place à l’aventure et les laotiens que nous avons eu la chance de rencontrer n’ont pas caché leur plaisir à partager un bout de vie avec nous.

 

Vietnam : “Comment ça un porte-monnaie… Je suis un porte-monnaie?!? Big fail !”

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Et puis vient ce moment où on découvre ne plus vouloir être un touriste…
Voyager autrement, impacter les pays dans lesquels on passe autrement, marquer les locaux avec autre chose que nos portefeuilles et notre pouvoir d’achat… Pas facile de s’extraire des chemins tout tracés du tourisme et en même temps très important quand dans vos besoins ou vos valeurs se trouvent des concepts autour de l’environnement, du partage, de la collaboration, de la consommation consciente etc…
Et pour moi le Vietnam a été un nouveau challenge. Terre de tourisme depuis des décennies et surtout terre de business et de négociation, les relations que l’on essaye de créer avec les Vietnamiens sont finalement souvent liées à la question de combien l’étranger va être prêt à donner… Evidemment, on a rencontré des Vietnamiens généreux avec qui on a passé de très jolis moments mais on a quand même ressenti une grosse difficulté à entrer en interaction avec les gens. Ni une ni deux, on change les plans une nouvelle fois et on file au pays des mille sourires en sachant que le tourisme y fait aussi des dégâts mais qu’on va essayer d’éviter tout ça en rejoignant des communautés…

 

Thaïlande : “On est pas mal là quand même… on peut rester toute la vie ?!?”

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Le calme après la tempête.
Et puis il y a ces moments où après avoir beaucoup travaillé, beaucoup discuté, beaucoup s’être remis en question et avoir beaucoup challengé ses croyances, la magie opère et les planètes s’alignent. Le terme épiphanie existe pour une bonne raison, lorsqu’on vit finalement sa première épiphanie, on découvre ce que c’est réellement et combien on vient tout d’un coup de changer et d’avancer… Et ça fait un bien fou !
Pour moi, c’est après ces 6 mois de voyage et après un mois de stage dans un Ashram au coeur d’une communauté de 21 personnes pour apprendre la permaculture et l’éco-construction, que j’ai fini par vivre ma première épiphanie. Ce sentiment d’accomplissement que j’attendais depuis si longtemps, ce signe qui me dirait que mes combats sont derrière moi et que je peux maintenant me concentrer sur la construction d’une nouvelle vie plus sereine et plus en adéquation avec mes valeurs… Je ne sais ni comment, ni quels déclencheurs, ni pourquoi c’est arrivé à ce moment-là mais la Thaïlande, les rencontres que j’y ai faites (surtout à Koh Chang), l’atmosphère incroyable de Chiang Maï et les nombreux apprentissages techniques (la terre, la construction, le massage, la cuisine, le ukulélé…) ont certainement participé et été le point final à ma transformation. En avant sérénité et accomplissement ! Grosse fête !

 

Corée du Sud : “Et si on arrêtait de se prendre tant au sérieux ?!?”

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Après avoir aligné ses planètes, on réalise tout d’un coup qu’on est presque prêt à rentrer… Alors on peaufine, on peaufine…
Dans l’élan du calme de l’épiphanie et de l’accomplissement personnel, on s’ouvre avec une nouvelle énergie et comme par magie, la vie met sur votre chemin une aventure très particulière et de nouvelles idées.
Et quand on discute avec des voyageurs, on a tous vécu ce moment incroyable où on se retrouve dans une aventure vraiment géniale dont on n’aurait pas osé rêver et qui va dessiner les contours du projet de vie.
Pour nous, c’est l’aventure à l’école alternative Silsangsa Jakeun en Corée du Sud qui nous a aidés à mettre des mots sur notre rêve et à développer un concept commun autour de valeurs communes.
Pour nous deux, l’alternatif à tendance écologique comme réponse à nos questions a été une révélation et nous a permis de designer en toute simplicité les contours de notre vie future… et pour le reste Inch’allah !

 

Japon : “古池や蛙飛び込む水の音”

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Toutes les bonnes choses ont une fin et la fin est souvent encore plus savoureuse… Enfin ça dépend des jours parce qu’au fond le retour est quand même une étape un peu effrayante. Et même si on décide de vivre à fond les derniers moments, il y a des jours où la logistique reprend, où on commence à rêver et aussi programmer la suite.
Pour nous, le Japon aura été une belle plaine de jeux pour finir notre incroyable périple. On a pris le temps d’y apprécier plein de petites choses très simples. Chaque mouvement ayant un goût de “c’est peut-être la dernière fois”, on a pris le temps de tout faire et de tout savourer. Rester 10 jours au bord d’un lac à contempler le paysage, se baigner et dessiner les plans de notre futur chez nous? Pas de problème, en plus on en a besoin ! Partir à la recherche d’une ferme de boeufs de kobe au milieu de nulle part sans garantie de trouver ce qu’on cherche ? On signe ! Manger tous les soirs pendant 5 jours dans le même restaurant car on a eu un coup de coeur pour ses propriétaires ? Avec plaisir ! Passer des heures dans un train à regarder par la fenêtre en écoutant de la musique ? Ho oui encore ! Traîner un peu plus longtemps dans une balade dans les alpes japonaises, sur la plage à Okinawa ou dans un temple shintô ? Evidemment ! Bref, au Japon on était bien, on a resserré un peu plus les liens qui nous unissent et on a pris conscience de l’incroyable aventure qui venait de se dérouler pendant une si courte et si longue année à la fois…

 

Et en écrivant ce bilan, je revis un peu de mon aventure et je mesure combien ce voyage aura été la meilleure décision de ma courte vie. Et même si aujourd’hui j’aspire à une vie plus sédentaire, je n’hésiterai jamais à repartir sur les routes si j’en ai de nouveau l’occasion. Peu importe où et peu importe comment car à la fin s’il y a une chose dont je suis certaine c’est que c’est la somme des bonnes et des mauvaises expériences et le chemin que j’ai pris pour y arriver qui font ce que je suis et que je ne regrette absolument rien !

 

Et si vous avez aimé l’invasion photo de cet article, je vous invite à aller visiter le blog les petites cases, ou la page Facebook du même nom pour découvrir l’univers de ma très talentueuse amie Vico qui s’est prêtée au jeu en créant mon petit personnage et en lui donnant vie dans mes photos de paysages. Elle dessine depuis toujours mais elle se lance seulement maintenant sur la toile donc le meilleur est encore à venir (j’ai eu le droit de mettre le nez dans ses carnets de dessin et croyez-moi ça vaut le détour !).

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