Uravi – l’ex-cité russe d’extraction d’arsenic

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Uravi, une ville quasi désertée suite à l’abandon des mines d’arsenic par l’ex-URSS…

J’avais déjà été choquée par l’histoire et la découverte de la mer d’Aral (ou plutôt ce qu’il en reste) et du cimetière des bateaux en Ouzbékistan mais là je dois dire que je pense m’intéresser à cette partie de l’histoire de plus près.

En très résumé (car il faudrait plusieurs heures pour reprendre “l’histoire” depuis le début et que je suis loin d’être une experte) à l’époque de l’URSS, les Russes définissaient une activité pour chacun de leur pays “partenaire” sur base de leurs ressources naturelles. Certains allaient être producteurs de betteraves, d’autres de pommes de terres, d’autres de coton (Ouzbekistan)… et d’autres allaient être exploités pour leurs mines (AKA : Géorgie).

C’est ainsi que pour intensifier la production de coton dans les années 60, les dirigeants russes (pas d’amalgame, les Russes en général ne sont pas de mauvaises personnes) ont détourné les 2 fleuves qui alimentaient la mer Aral et ont ainsi participé à son assèchement et à la catastrophe naturelle qui en découle.

mer Aral_Aral sea_Uzbekistan_ouzbekistan_Cimetiere des bateaux

 

Dans la même veine, Uravi est un village dans la région du Racha où des mines d’arsenic ont été exploitées pendant des années par l’ex-URSS pour la production de médicament et d’équipement laser.

Uravi_Racha_Georgia_Arsenic_old school

En 1991, les mines ont été fermées brutalement et le village abandonné. C’est plus de 800 personnes qui ont déserté la région et seulement une cinquantaine qui est restée sur place.

Uravi_Racha_arsenic_Site_Georgia

Uravi_Racha_Bath_Cow_Arsenic_Gerogia

Uravi_Racha_Georgia_School

 

Tout doucement, après plusieurs études, il a été reconnu que le danger était présent dans cette région de la Géorgie. Les bâtiments du village sont positifs à l’arsenic et à l’amiante, les rivières sont à tel point polluées qu’aucun (ou presque) poisson n’est présent dans les environs et l’air est reconnu comme étant relativement dangereux pour les travailleurs et les personnes vivant ici puisque l’arsenic est présent dans la poussière.

Un projet a alors été mis sur pied en Géorgie avec l’aide financière et organisationnelle de la Hollande afin de détruire les bâtiments et décontaminer les sites où l’arsenic était extrait. Cela va prendre plusieurs années mais les choses se mettent en place. Les déchets sont enterrés à 50 cm en-dessous du sol, et des tests sont toujours en cours pour définir le risque que représente la rivière pour les habitants, les travailleurs et les potentiels touristes.

Une des parties difficiles aujourd’hui dans ce projet est de s’assurer de la sécurité des travailleurs géorgiens. En effet, les différences culturelles et sociales autour du travail et de la main-d’oeuvre sont assez importantes et le chef de projet hollandais que j’ai rencontré me confiait qu’une de ses missions était aussi de veiller à ce que les travailleurs portent bien leur masque pour ne pas respirer la poussière d’arsenic, leurs chaussures de sécurité pour ne pas risquer l’accident etc… Visiblement des petits gestes du quotidien pour les travailleurs européens mais loin d’être naturels pour les travailleurs géorgiens.

En attendant la population d’Uravi (très réduite) continue à vivre et il a été assez bluffant pour moi de voir que la vie a repris ses droits dans ce village malgré le danger qui règne au quotidien.

Et pour l’instant je continue à me demander quel est l’impact sur les produits de la terre, la nourriture, le taux de maladie, les animaux… Beaucoup de questions auxquelles je ne trouve pas de réponse malheureusement.

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Quelques lectures complémentaires pour ceux qui parlent anglais :

 

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