Des nouvelles des avancées – épisodes 8453

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Parce qu’il paraît qu’il faut chuter fort si un jour on veut espérer réussir…

Voilà un petit temps que je ne vous ai pas partagé une de mes introspections sauce “Emma” et pour cause, l’année 2018-2019 a été un pure produit du chaos… Et moi, le chaos, je n’aime pas tellement ça.
Je ne vous refais pas l’histoire, fermeture de l’atelier, retour au train-boulot-dodo-compétition-pression sociale, rupture, déménagement, charges dans tous les sens, études. Bref trop c’est trop, cette année je me suis offert la maladie du siècle, j’ai nommé, le burn out ! Je ne vais pas particulièrement m’étendre sur la question à part pour dire que “je ne le recommande à personne”. On s’en remet (Enfin peut-être pas complètement en fait), on finit toujours par remonter sur le cheval mais diable ça secoue ! J’ai donc fait la connaissance de mon “dark side” cette année ainsi que de mon moi-destructeur, une charmante rencontre (ou pas) que j’ai été ravie de clôturer. Nous avons passé 7 mois côte-à-côte et la seule chose que je peux dire c’est que cette version de moi même est TRES mauvaise conseillère mais qu’elle possédait pas mal d’informations dont j’avais besoin pour passer à l’étape suivante… Alors je l’ai remise là où je l’avais trouvé en lui demandant gentiment de me laisser aux commandes, elle n’a pas moufté, elle était assez d’accord sur le fait que son énergie n’était pas particulièrement la bonne pour avancer maintenant qu’elle m’avait livré tous les messages que j’avais besoin d’entendre ou d’entendre de nouveau ! Retour au calme donc et bientôt l’heure de l’analyse des choix de ces derniers 18 mois.

Ceci dit, la raison du chaos vient aussi du fait que cette année a été très riche en apprentissages (et pas tous très jolis, on ne va pas se mentir), au programme des réjouissances pour moi donc, nutrition (intrigant et utile), féminisme (douloureux mais libérateur), environnement (urgent), politique (nauséabond), jeux de pouvoir (puissamment intolérable), PNL (intéressant et dangereux à la fois), réseaux (me laisse toujours perplexe)… Bien, ok, voilà ! Pour la prochaine fois je penserai à couper la liste en 2…

Et je ne vais pas vous mentir, je croyais tellement fort à tout ce que je mettais en place, que la chute à une fois de plus était un rappel à l’ordre douloureux.
Néanmoins, bizarrement, plus je change les plans doucement dans ma tête et je m’adapte aux nouvelles données et analyses, plus je recommence à croire en mon projet avec ce nouvel angle qui devrait lui permettre de réellement être un concept utile…
Allez comprendre comment fonctionne ma bonne vieille petite cervelle, moi-même je ne suis toujours pas certaine de la suivre parfaitement bien dans toutes ses élucubrations ! La seule chose que je sais c’est qu’il paraît qu’il faut échouer pour réussir ou en tout cas apprendre pour réussir et ça tombe bien car il y a beaucoup d’apprentissages dans l’échec !

 

Mais alors ce projet, on en est où justement ?

La nutrition, l’environnement et le féminisme ont chacun été un choix instinctif mais se révèlent être un super combo gagnant quant au fait de faire de mon projet un tout, un peu plus complexe et complet peut-être cette fois . Je ne vais donc plus forcément travailler sur un rêve personnel mais visiblement, d’une certaine façon, sur un rêve utile… On n’arrête pas le progrès ! (ironie-sic*)

La nutrition (santé) et l’environnement (lien humain-Nature) sont très liés. Un pourcentage élevé des problèmes liés à l’environnement est dû à notre alimentation et a un impact fort sur notre santé. De l’agriculture intensive jusqu’à la machine infernale de l’industrie agro-alimentaire en passant par le transport des denrées (et ne nous privons pas non plus au passage du colonialisme)… lorsqu’on commence à mettre le nez dans l’histoire de notre alimentation ça fait vite mal à l’estomac. Lorsqu’on jette un œil sur les statistiques et courbes des maladies comme le cancer du sein, celui du colon, les AVC ou encore les troubles du comportement alimentaire, il est clair que la révolution industrielle a eu son mot à dire sur la question. Et malgré tous nos efforts pour mettre en route un ralentissement, les changements structurels ont vraiment de la peine à se mettre en route.
Et le féminisme dans tout ça ? Il m’apporte la déconstruction patriarcale et des explications assez simples  et extrêmement pragmatiques sur le rapport de notre société à nos corps, à notre poids et plus généralement au genre féminin… car oui, aussi cliché que cela puisse paraître, statistiquement les grandes perdantes des maladies liées à notre alimentation sont les femmes. Cela ne veut pas dire que certains hommes ne sont pas concernés mais bien que les femmes sont plus concernées et bien plus impactées au quotidien par la transition alimentaire. On y reviendra.

Je disais donc, combo ultime ! Si mon projet parle toujours de permaculture, d’éco-construction, de l’alimentation de la terre à l’assiette, il parlera certainement aussi de rapport au corps, de santé et du pouvoir de l’action sur ce que la société essaye constamment de nous faire avaler (dans TOUS les sens du terme).

 

Donc un projet hors norme on a dit…

Je crois que je peux officiellement dire que je ne suis pas une personne dans la norme… A commencer par le fait que je n’ai de toute façon jamais su définir “la norme”. Disons que je suis dans ma norme à moi et que cette norme là n’existe absolument nulle part ailleurs (35 ans de recherches pour ne jamais trouver de gens qui me ressemblent et partagent ma vision du monde et de l’humanité… j’ai décidé d’arrêter de chercher et de juste accepter que j’étais hors cadre). Mon projet va donc suivre cette route lui aussi, il va perdre l’aspect éco-tourisme très certainement car plus je passe du temps à décortiquer ce domaine, plus je le trouve au moins aussi nauséabond que les domaines de l’énergie, des tech, des médias ou encore de la finance. Il sera donc très probablement un hybride à cheval sur les domaines de la santé, de l’environnement, de l’alimentation, du bien-être, du changement et de la formation… Je dis “très probablement” mais en vrai vous me connaissez, tout est prêt, la stratégie à 10/20/30 ans est quasiment clôturée… il ne me manque réellement que trois informations, le quand, le où et le combien.

Sur le “quand“, je ne m’inquiète évidemment pas trop car je sais que je suis “la reine du timing” (ironie). Quand il sera l’heure, je le saurai. Je ne me mets donc pas la pression, je me laisse jusqu’à la veille de mes 55 ans pour me dire que si mon centre n’est pas “up and running” à ce moment là, il ne le sera probablement jamais, j’ai donc du temps pour construire le tout brique après brique… au sens propre comme au figuré. Bon, ceci dit, si demain on me tendait les clefs de mon petit paradis sur terre à partager, je ne vais pas mentir je me sentirais très soulagée et plus que prête à relever les défis de l’entrepreneuriat. Mais la vie a toujours eu cette petite private joke avec moi que l’on appelle “le jeu de la patience”… alors je respire, je garde les yeux ouverts et je patiente en me formant !

Sur le ““, je tourne un peu en boucle et depuis bientôt 5 ans maintenant. J’enlève doucement des options de ma liste d’endroits possibles mais vu que je suis partie sur “le monde entier” au départ de mes questionnements, la recherche prend vraiment beaucoup de temps… et d’argent. J’ai réussi à restreindre à l’Europe les potentielles destinations en rentrant de voyage afin de ne plus être si loin de mes proches. J’ai rayé les pays trop secs ou trop froids (bye bye Malta) et je commence tout doucement à en arriver à une liste de plus en plus courte (ouf!).

Sur le “Combien“, là, on touche clairement le nerf de la guerre. Cette question est loin d’être résolue et s’aggrave même, d’une certaine façon, depuis que j’ai décidé naïvement que j’allai trouver un job salarié dans mes valeurs afin de m’accompagner et m’aider à financer ma période de recherches. Je crois que je suis officiellement la seule personne au monde (ironie) qui voit son pouvoir d’achat constamment rétrécir au fur et à mesure que je prends de l’expérience et que je deviens de plus en plus compétente et qui réussit à trouver des justifications logiques à cet état de fait… On peut officiellement dire que je ne suis pas matérialiste mais cette tendance chez moi est quand même parfaitement ennuyeuse lorsqu’il s’agit de ce projet. Je cherche comment redresser la barre sans pour autant “prostituer” mes principes… si vous avez des idées, je suis tout ouïe !

Alors voilà les nouvelles du front comme on dit. Les apprentissages continuent à s’accumuler, les aventures (bonnes et mauvaises) se suivent mais ne se ressemblent pas, la vie est ce qu’elle doit être et chaque nouvelle étape me rapproche de l’objectif.

Ha oui, j’allai oublier, pour ceux qui se souviennent encore de ma métaphore sur le papier toilette, sachez qu’aujourd’hui (et malgré mon burn out) j’en suis à l’étape où je me sens enfin comme une plante moi aussi… une plante à bulbe qui est encore enfermée dans la terre et qui attend son moment pour doucement commencer à faire pousser ses premières tiges (wink)… et vous ?