Manger seul.e… Un acte politique ? Social ? Les deux ? (4/4)

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Parce que chaque petit geste que nous faisons est un acte engagé…

Cet article va être écrit et posté en 4 étapes. Rendez-vous chaque mercredi à 11h à partir du 02/01 pour découvrir mes réflexions, défis et recettes sur la question de “manger seul.e” et les différentes représentations que cet acte peut ou pourrait avoir selon vous, la société ou moi dans notre rapport à nos assiettes et à notre table…

Mais donc pour vous… “Manger seul.e”, c’est plutôt…

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Manger seul.e, un acte pour soi !

Manger seul.e... Comme dans "prendre soin de soi" ?

Contrairement à mon propos dans “acte social” qui proposait un défi tourné sur le plaisir et l’oubli des normes sociales, dans l’opus sur “le soin de soi” je ne vais bizarrement pas parler de plaisir et encore moins de liberté… Mais plutôt de vérité !

Qu’est-ce que le soin de soi exactement ? Quel est ce concept dont on ne fait que parler au travers de toutes ces nouvelles tendances que sont le développement personnel, le coaching (wink), le yoga, la méditation etc ? Est-ce vraiment, dans le fond, juste éteindre la machine à penser pour quelques minutes ou y a-t-il quelque chose de plus profond ? Qu’est-ce que le développement personnel du coup et pourquoi est-il emprunt de tant de mouvements philosophiques qui s’entre-choquent ?

Après quelques recherches sur la définition de ce qu’on appelle le « self-care », c’est via Emanuela Garau dont la mission est de lutter contre le système du « tout régime » que j’ai découvert cet article qui explique assez bien le phénomène :

Le vrai « soin de soi » ne parle pas de bain de sel, de gâteau au chocolat ou de lire un bon livre. Le soin de soi c’est faire les bons choix, le choix de ne pas se construire une vie de laquelle on va devoir s’échapper régulièrement par exemple. Le « soin de soi » c’est faire face à ses peurs, déceptions, échecs et remettre de la stratégie dans tout ça. C’est refuser d’aller vers des plaisirs/désirs simples, lâcher prise et choisir quelque chose de nouveau. C’est décevoir parfois certaines personnes et se sacrifier pour d’autres, pour les autres. C’est vivre une vie que certains ne vivront jamais ou simplement ne peuvent pas vivre.

Bref, le soin de soi au final c’est accepter qui on est vraiment, c’est se choisir soi peu importe ce que l’on a pu construire jusqu’à maintenant et faire les choix de vie en conséquence. Le développement personnel, c’est donc douloureux, ça demande beaucoup de travail, d’honnêteté, de courage et d’authenticité. C’est à la fois un travail sur soi, au plus profond de ce qu’on fait “de mieux et de moins bien” en tant qu’être humain et un travail sur le monde qui nous entoure. C’est ouvrir ses oeillères, oser enlever les masques et regarder la vérité en face, à l’intérieur comme à l’extérieur et faire des constats simples pour apporter des changements cohérents.

Comme je le disais dans l’opus 2 sur l’acte social, nous avons, en tant que société, ces dernières décennies, adopté des comportements alimentaires qui défient toutes les lois du corps et de ce que nous pouvons supporter. Alimentation industrielle ultra sucrée et salée, snack à la première occasion, overdose alimentaire pendant les fêtes, surconsommation de protéines animales malgré notre tendance à la sédentarisation qui ne fait qu’augmenter, détachement avec la réalité et les techniques alimentaires, double combo binge-watching & binge-eating… et au final, alors que la plupart de ces comportements pourraient partir d’une envie, d’un désir de détente ou d’une pulsion hédoniste, nous faisons chacun de ces actes en mode automatique et n’éprouvons plus que de la culpabilité à chaque bouchée avalée.

Oui, nous sommes nombreux à avoir complètement perdu le fil avec nos besoins primaires si bien qu’on ne sait même plus faire la différence entre la faim et la fatigue, la faim et l’ennui, la faim et une émotion difficile à digérer… On utilise la nourriture pour (se) consoler, pour (se) punir, pour penser à autre chose, pour célébrer, pour combler le vide, par habitude… Et ce n’est pas grave en soi d’associer la nourriture à autre chose que donner de l’énergie à notre corps, au contraire, c’est l’expression même du plaisir. La nourriture a toujours eu un caractère social, culturel et émotionnel et c’est tant mieux. Mais ce qui peut éventuellement être gênant c’est quand on perd le contact avec notre conscience, « pourquoi » on le fait, qu’est-ce que la nourriture nous permet de cacher, d’enfouir, de consoler ou d’oublier . Gênant aussi de laisser ce “pilote automatique” devenir notre seule boussole… Parce que si notre pilote automatique peut éventuellement être très utile parfois, il peut aussi être un très mauvais conseiller et n’avoir que faire de nos rêves et de concepts aussi simple que « le plaisir des petites choses ».

Alors même si nous ne devons pas renier notre plaisir et/ou notre mental qui parfois nous demande d’appuyer sur le bouton “pause”, le “soin de soi” demande un peu de solitude par rapport au groupe pour un travail introspectif. Et de la même façon qu’un job épanouissant et qui fait du sens est bon pour le moral, il en va de même pour ce que l’on met dans son assiette. Oui, bien manger fait parti des ingrédients d’un bon équilibre psychique et d’un équilibre émotionnel stable.

Maintenant, pour faire le lien avec le propos de cet article, “manger seul.e” oui, et même “manger à sa façon”… Mais c’est quoi “manger à sa façon” ?

Quelques questions clefs : Quelles sont mes valeurs en tant qu’être humain ? Comment je traite mon corps au quotidien ? y a-t-il une cohérence entre ce que je suis et ce que je mange ? Si je suis ce que je mange, qu’est-ce que mon assiette dit de moi ? Quelle serait mon “assiette idéale” là maintenant tout de suite ?

Un petit défi pour asseoir cet acte de”care”  ?
Le repas en toute conscience :  Si je rentre en moi et que j’écoute ce que mon corps réclame au plus profond de moi, si pour une fois, je ne travaille pour aucune cause, je ne lis pas, je ne me laisse pas distraire, je n’oeuvre à rien, je n’écoute aucune discussion, que les bruits de la mastication, les bruits de la pièce ou éventuellement le fond de musique doux et calme que j’ai mis avant de m’asseoir, je ne pense ni au travail, ni à mes proches, ni aux gens dans la rue, je ne fais pas de listes de choses à faire dans ma tête, je reste connecté.e à moi, ce que j’ai été, ce que je suis et ce que je vais devenir. J’éteins l’empathie sauf si elle est enfin dirigée vers moi… je suis  juste moi, présent.e, seulement moi, pour au moins 30 minutes et concentré.e sur ce que mon corps sait déjà.
Ici, j’écoute ce dont j’ai vraiment besoin (et non envie) et je choisis un repas qui s’adapte à ma situation interne, je ne me fais pas “plaisir”, je me fais “du bien”. Je m’adapte à un corps fatigué ou plein d’énergie, un être qui a froid ou chaud, un mental en surchauffe ou pas assez stimulé, des émotions un peu bousculées ou au contraire en résonance agréable avec le coeur, une vie bien remplie dans laquelle il y a tant à faire ou plutôt depuis trop longtemps monotone, un besoin de faire disparaître des précédents excès ou au contraire de se consoler… Et je ne juge aucune réponse. Si mon corps me demande une soupe bien chaude et une pomme, je lui donne une soupe bien chaude et une pomme avec autant de bienveillance que s’il me demande juste une carotte crue ou une blanquette de veau.

Et parce que beaucoup d’entre nous ont des addictions alimentaires, il ne sera pas facile de faire le tri entre “ce dont j’ai envie” et “ce dont j’ai besoin”. Alors fermez les yeux, concentrez-vous sur votre respiration et autorisez-vous à vous tromper, chaque journée est composée d’au moins 3 repas alors il y aura plein d’autres occasions de recommencer.

 

Voilà c’est la fin, il n’y aura pas de prochaine étape sur ce sujet là mais j’espère bientôt plein de nouveau sujets passionnants et de défis sympas à relever autour de nos habitudes alimentaires.

Et si vous tentez un des défis proposés dans cette série sur manger seul.e, n’hésitez pas à me raconter comment vous avez adapté ces quelques idées et ce que cela a apporté pour vous, votre foyer et votre vision du repas seul ou de l’autonomie alimentaire.

Mais du coup, vous avez tranché de votre côté, manger seul.e, pour vous c’est plutôt :

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Moi je crois qu’il existe un monde dans lequel c’est tout à la fois et que ce monde il est là, autour de nous, tout le temps. Je crois que la réponse réside dans l’intention que l’on souhaite porter au moment où on se met à table, les gens ou l’absence de gens qui nous entoure(nt), l’émotion qui nous traverse et le chemin sur lequel on se trouve. En tout cas, mes repas à moi ils sont parfois politiques (ils sont en colère, déterminés, non conventionnels, militants…), parfois liés au groupe ou à l’absence de groupe (ils sont emprunts d’amour, de joie, de tristesse, de solitude, de fun, de plaisir seule ou à plusieurs…), parfois un ancrage personnel (ils sont une connexion, un rééquilibrage, un accord avec moi même…) bref ils sont tout ça et surtout la porte d’entrée vers mon âme et ce que je suis. Et maintenant je n’ai plus aucun secret pour vous, vous savez exactement pourquoi je poursuis mes études de nutrition… pour toutes les raisons qui se trouvent dans ce dernier opus de “manger seul.e” et surtout pour transmettre toutes ces jolies clefs que j’ai longuement accumulées ces dernières années et que je continue à découvrir et intégrer ! (wink)

Je vous souhaite encore une fois tout le meilleur pour cette année 2019 !
A bientôt…