Trouvailles brunch – Episode 2

Et si on picorait en papotant ensemble ce weekend ?

Quel plaisir de vous retrouver chaque vendredi soir quand je ferme mon ordinateur-boulot pour ouvrir mon ordinateur-perso. J’avais oublié cette sensation de joie et de partage toute particulière qui se cache derrière chaque article que j’écris sur ce blog. Ca fait du bien de vous écrire, c’est un peu comme se retrouver autour d’un café avec tout plein d’ami.e.s qu’on n’a plus vu depuis bien longtemps. Ca manque juste un peu d’espace pour vous écouter. On se dit rendez-vous sur facebook ou Instagram pour ceux qui auraient envie de papoter ? En tout cas, moi, je me réjouis de vous lire.

Règles alimentaires – 3 repas par jour et c’est comme ça !

Sans transition aucune, puisque je parle de café et de table aujourd’hui, parlons un peu de règles alimentaires, de contrôle, de bien pensance et de brunch… (le lien entre ces éléments arrive dans quelques instants promis)

Haaaaa, le brunch, ce concept venu des états-unis, arrivé en Angleterre et finalement dans les pays francophones dans les années 80 est né d’une fusion entre les mots Breakfast et lunch. Et s’il y a bien une habitude de citadins, c’est celle-là et elle en fait rire certains… Intéressant ! “Mixer deux repas”, mais ça va pas la tête ?!?

Mais finalement au delà de la notion de “citadins” (peut-on encore réellement faire une vraie différence entre l’habitant des “campagnes” d’aujourd’hui et celui des villes ?!?), moi je me dis quand même que c’est fou quand on y pense de se dire qu’il aura fallu attendre la mondialisation pour s’autoriser dans nos capitales et grandes villes à mixer deux repas en un, le weekend, lorsqu’on s’autorise à prendre un peu plus de temps pour soi, sa famille et ses proches. Et pourtant dans les faits qu’est-ce qui nous empêche de secouer un peu le bananier de nos rituels alimentaires et de notre gastronomie ?

Quand j’étais enfant, je mangeais mon fromage en même temps que mon plat… ça rendait mes parents complètements dingues. Je n’ai pour ma part absolument jamais compris pourquoi on ne pouvait pas commencer le repas par un fruit, manger son fromage avec ses pommes de terre (on met bien du gruyère dans le gratin…) et se passer de viande ?!? La question m’a d’ailleurs tellement taraudée que 30 ans plus tard, j’ai décidé de commencer une formation en nutrition humaine pour aller au bout du concept…
Hé bien croyez moi ou non, il n’existe pas un modèle de journée idéale pour être en bonne santé nutritionnelle, il n’existe aucune règle qui fonctionne pour tout le monde, qui dit que nous avons besoin de 3 repas par jour ou encore de manger le sucré en fin de repas (plutôt l’inverse en ce qui concerne le fructose – le sucre des fruits – d’ailleurs). Il existe en fait autant de modèles qu’il existe de personnes sur cette terre, de corps, d’êtres humains. La vérité se trouve pour chacun d’entre nous à l’intersection de la quantité d’activité physique quotidienne, de notre corpulence, de nos carences, de notre résistance au stress, de nos potentielles maladies ou vulnérabilités et de notre mode de vie.

Alors vous vous doutez bien que je n’ai pas pu m’empêcher de poser la question autour de moi et à bout d’arguments nutritionnels, j’ai quelques personnes qui ont pris le risque de m’asséner le coup de grâce du débat intellectuel pour tenter de m’imposer cette idée magique qu’on ne touche pas à la gastronomie, “on ne touche pas au patrimoine culinaire” enfin c’est bien connu…
Mmmmh mais la gastronomie alors c’est quoi exactement ?

La gastronomie est l’ensemble des règles (fluctuantes, selon pays, classes sociales et modes) qui définissent l’art de faire bonne chère

Haaaa voilà de quoi remettre les points sur les “i” de nos faiseurs de moral préférés, si on en croit la définition, la gastronomie englobe tout, de la cuisine de maison aux tables chics donc. “Faire bonne chère” doit-il être un concept empreint de capitalisme et donc d’une quelconque réussite technique “rémunérable”, de règles contraignantes et de processus dignes d’un contrôle qualité d’une chaîne de production de cette magnifique invention qu’est l’industrie alimentaire (“si on n’a pas 5 couverts de chaque côté de l’assiette, on ne s’assoit pas à cette table Marie-Chantal ! Diantre !”) ?

Que néni…
La gastronomie serait donc plutôt l’empreinte culturelle d’un pays dans le prisme alimentaire plus que sa part visible de l’iceberg qui brille sous les crépitements des flashs des journalistes ou des tables bourgeoises. La gastronomie ne connaît pas l’exclusion, faire “bonne chère” commence déjà lorsqu’on est en train de prendre du plaisir gustatif autour d’une assiette même seul.e à table chez soi ou à un repas en famille à la bonne franquette.
Nous sommes tou.te.s impliqué.es dans l’empreinte culturelle alimentaire de notre pays, qu’on soit d’ici ou d’ailleurs, technicien.ne de haut vol ou apprenti.e cuisinier.e, mixologiste accompli.e ou mono-maniaque de l’aliment unique. Il me semble que c’est tou.te.s ensemble que nous créons la gastronomie d’aujourd’hui et de demain et pas uniquement les personnes ayant obtenu.e.s le diplôme de cuisine  ou celles étant capable de s’offrir des réceptions à la Rotschild. La gastronomie c’est comme tout le reste, ça évolue, ça nous fait évoluer, c’est un indicateur des changements de notre société. Et le changement, en fait, c’est bien, on en a besoin.

La vie c’est comme une ballade à vélo, Il faut continuer à pédaler pour ne pas tomber (wink)

Alors au diable les règles et les concepts étriqués, mixons nos repas, mixons les cultures dans nos assiettes, mixons les gens autour de la table et arrêtons de nous contraindre, soyons créatifs et ayons du plaisir à tenter des choses nouvelles, faire des erreurs, faire des découvertes, bonnes ou mauvaises.

Et à propos de cette histoire de brunch, je ne passe plus beaucoup de temps dans les restaurants mais j’ai bien 3 petites pépites à vous partager si jamais vous êtes à Bruxelles, que vous avez le privilège de pouvoir vous offrir le fait d’aller manger à l’extérieur une fois de temps en temps et que vous manquez d’inspiration pour demain ou le weekend prochain (oui tout ça, et dans l’ordre de prix !).

Le Caberdouche : 

Une petite virée près de Saint Josse ? Le Caberdouche c’est cet endroit plein de lumière où on vous sert un buffet sucré/salé. Le buffet n’est pas végétarien ni centré sur des potentielles allergies mais il y a assez d’options pour ceux qui ont des habitudes alimentaires spécifiques liées à leurs valeurs ou à une contrainte physique. Couques, préparations chaudes type “oeufs, lard et pommes de terre”, charcuterie, fromage et surtout de nombreuses salades froides de saison et super variées, gâteaux and co. Tout est là.

Pourquoi je l’apprécie tant ? Parce que c’est là que je retrouve presque toujours mes copines d’école de cuisine et qu’on refait le monde ensemble, C’est là qu’on débat sur la difficulté des métiers de bouche ou celle de la transition professionnelle et qu’on rit de toutes nos aventures et non aventures à gorge déployées.
Oui, la qualité des gens autour de la table quand je vais au Carberdouche fait certainement la qualité de l’endroit pour moi mais je ne peux pas m’empêcher de l’imaginer aussi comme un endroit parfait où aller se réfugier pour écrire pendant des heures autour d’un cappuccino et d’une assiette sucrée/salée un dimanche matin d’hiver comme celui de demain…

La petite production

Haaa Ixelles, les étangs, Flagey, mon fief, mon quartier, ma maison. Bien sûr que je suis vendue à la cause de tout ce qui se passe dans cette commune puisque je la considère comme mon espace de jeu, mon endroit à moi où je grandis en tant qu’adulte et où j’exprime sans cesse mes plus grandes joies comme mes plus grandes colères.

Cachée au détour d’une petite ruelle bordée des jolies maisons de maître typiques de Bruxelles, se trouve cet endroit presque microscopique sur lequel on ne tombe certainement pas par hasard. Grande table en bois brut ou petite table sur un coin de trottoir les jours de beau temps, je ne saurai dire quel est mon setup préféré mais cette ambiance super cosy mêlée à ces assiettes faites maison, de saison, ces pancakes aux fruits à tomber par terre et ces limonades pressées minute… Qu’on m’oublie là-bas à tout jamais !

Et puis la petite production c’est pour moi l’endroit où je retrouve mes copines féministes qui s’interrogent sur les questions sociétales. Et l’alimentation, comme on en a déjà parlé ci-dessus, étant un grand pan de notre culture en tant que société justement, pour moi ces RDV cachés dans notre cocon de la place Flagey font tellement de sens et sont tellement empreints de ce sentiment qui dit “Peut-être qu’on réussira à faire avancer le schmilblick… peut-être” que c’est un peu comme ma bulle d’espoir à moi, mon endroit où tout est possible, mon endroit coloré où j’invente un futur qui lui ressemble…

Humus et Hortense

La crème de la crème, la cohérence à l’état brut. Cet endroit n’est malheureusement accessible qu’aux portefeuilles vraiment privilégiés, c’est bien dommage et ça me fend le coeur à tous les coups car ce lieu montre l’exemple sans aucun doute.

Une cuisine vegan qui met le légume au centre de l’assiette, ces gens ont tout compris de l’axe santé, environnement, local. Transformation maison, fermentation naturelle, assortiment varié, tout y est, vraiment tout et c’est bon, c’est beau… Peut-être un peu trop d’ailleurs. C’est un peu froid, comme tout ce qui est vraiment très beau, c’est difficile d’oser déranger, d’oser parler fort et de rire à gorge déployée parce qu’on ne veut pas déranger cet appel au calme, à la sérénité, à la classe et aux valeurs.

Mais c’est aussi délicieux pour les yeux, pour le nez et pour les papilles. Pour moi Humus et hortense c’est un peu comme le phare dans la nuit, c’est cet endroit qui me rappelle où je vais (je ne vais pas vers le classe, le cher et l’aseptisé qu’on se mette bien d’accord mais vers la cohérence alimentaire ça oui) et qui me dit, à chaque fois que je passe devant, “tu es sur la bonne voie, continue, tu n’es pas seule sur cette route”. J’aimerai juste bien voir cet endroit somptueux un jour rempli de gens de tous les jours et pas que des jeunes bourgeois du coin et du châtelain, oui j’aimerai bien… Allez savoir…

 

A bientôt

Alors voilà pour aujourd’hui, 3 pépites et un petit coup de gueule que je voulais vous partager.
Peut-être aussi comme la volonté de vous rappeler que la vie dans le contrôle et la routine qui empêche de rester curieux.se c’est parfois un peu triste. La routine, c’est sans aucun doute nécessaire, pour avancer selon les conditions qui sont les nôtres mais si aujourd’hui on peut s’autoriser des moments où on casse cet excès de règles le weekend ou pendant les vacances, ne peut-on pas imaginer ensemble à quoi pourrait ressembler un monde de demain où on aurait plutôt un excès de rêves ?

Beau weekend à tou.te.s et je ne le dirai jamais assez, que vos/nos rêves soient grands et tumultueux, que la curiosité égaye vos/nos quotidiens et qu’on participe tou.te.s à l’évolution de notre société, chaque jour, chaque seconde, un rêve après l’autre, une valeur après l’autre, un pas devant l’autre.
A tout vite pour l’épisode 3, je fais le plein d’aventures et je reviens.