Trouvailles voyage – Episode 3

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Parce que les voyages forment la jeunesse… ha non la curiosité, l’acceptation et le partage !

Avant de vous partager mes 3 pépites que sont Malte, Malmö ou encore Copenhague, destinations que j’ai eu la chance de découvrir en 2019, un petit mot qui fait écho au titre de cet article ou encore à ce post que j’avais écris sur la question “voyager, fuite ou inspiration” ?.

Cette semaine, c’est le retour des analytics sur ce blog. Je découvre donc avec beaucoup de curiosité les pages les plus visitées de ces 7 derniers jours ==> Voyage / Recettes !

Alors comme je vous le disais sur facebook samedi dernier, tout ça me met en joie car même si je ne peux pas encore vous révéler tous les détails de ce sur quoi je travaille en coulisse, il est tout de même fort possible que ces deux thèmes soient au centre de ma “masterpiece” (en toute humilité… wink) aux côtés de l’éco-féminisme et de l’alimentation comme sujet social, politique, culturel et personnel ! On ne se refait pas !

Oui, oui, je suis surexcitée au fur et à mesure des avancées car je vois enfin se dessiner les contours et la réalisation de mes rêves qui sont à la fois ce en quoi je crois, ce sur quoi j’ai passé beaucoup de temps à travailler sur mes propres deniers et finalement ma participation à la vision de ce que je considère être “l’avenir”, aussi creux et intangible que ce concept puisse paraître !

A l’heure du réchauffement climatique et des prises de conscience sur le néo-colonialisme, le voyage est souvent montré du doigt. Il est pourtant possible de voyager autrement et je reste convaincue que dans un monde où les conflits de race et de religion sont toujours aussi présents, il n’y a rien de tel qu’une immersion dans un pays étranger pour s’autoriser à s’ouvrir l’esprit et prendre du recul… Encore faut-il aussi s’autoriser une véritable immersion, oser se mêler aux populations locales et faire le pari de l’acceptation la plus totale, sans jugement, avec curiosité et empathie. Cela ne veut évidemment pas dire qu’on va faire de ce qu’on a découvert nos nouveaux modes de fonctionnement mais bien qu’une fois rentré.e notre vision sur “l’autre” sera bien plus proche de la réalité que ce que l’on peut lire dans les journaux, voir à la télé ou entendre à la table du dimanche avec tonton “Jean-Michel” qui peut parfois avoir des propos très sectaires, machistes et racistes !

Le monde n’est pas QUE fait de conflits géopolitiques et de rapports de force, même si ces derniers doivent clairement être dénoncés et mis en lumière. L’alimentation est aussi politique, ne l’oublions pas ainsi que tout ce qui se passe dans nos foyers. Mais le monde est aussi fait de joli.e.s être humain.e.s qui ont plein de choses à partager et à nous apprendre peu importe leur origine, leur religion, leur âge… Alors oui, sauter dans un champs à Rize pour aider les femmes à récolter le thé, ou au Laos pour aider un couple à récolter le riz, ou en Corée du sud, pour aider une famille à récolter les feuilles de Kennip, ça demande de se salir les mains, ça demande de donner de son temps, de soi, gratuitement, sans arrière pensée et c’est toujours récompensé par une belle rencontre, des éclats de rire et souvent un repas à partager. Non ce n’est jamais simple de savoir si on est en train de se faire exploiter ou en train d’exploiter les gens que l’on vient de rencontrer… Ecouter son instinct et son coeur, je crois, est toujours le meilleur remède lorsqu’on sent que des limites ne sont pas respectées.

Alors oui, voyager est problématique dans certaines conditions, lorsque cet acte est posé comme quelque chose que l’on a mérité. Mais de nouveau, il est aussi possible de voyager avec des intentions purement de découverte, de rencontre et c’est comme ça que le voyage devient la clef de la curiosité, du partage et de l’acceptation. Et oui aussi, cette vérité qui est la mienne, je suis convaincue qu’elle est valable à tout âge. Un petit rappel que ce monde est avant tout composé d’êtres humain.e.s ne peut qu’être bénéfique de temps en temps. Car si l’âge est sensé nous apporter la sagesse, il nous apporte aussi des peurs, souvent un recul sur soi et toujours de l’isolement. Alors peu importe notre âge et notre situation, osons ouvrir des portes, osons être curieux… non ?!?

 

Mais alors, ces nouvelles destinations découvertes, ça donne quoi ?

Copenhague

Les conditions dans lesquelles j’ai visité Copenhague n’étaient probablement pas idéales et pourtant, je garde réellement un souvenir impérissable de ma rencontre avec la capitale Danoise.
Je vous plante le décor, après 14h de train de nuit dans lequel j’ai peu dormi, je débarque à 6h du matin à la gare centrale le 24 décembre… Tout est fermé, les rues sont désertes, il pleut et je m’apprête à passer ma journée quasiment seule dans les rues de cette très charmante ville alors que tout le monde se prépare pour le réveillon de noël.

Pour moi, il n’y a rien de tel dans la vie que d’aller à contre-courant pour éveiller ma curiosité et mon envie d’aventure. La simple pensée de savoir que je me retrouve seule dans les rues d’une capitale alors que le reste du monde se prépare à un long marathon familial et à une orgie alimentaire a cette farouche tendance à me mettre dans des conditions optimales de joie et d’excitation.

Cristinia, de très loin mon coup de coeur. C’est un quartier alternatif le long de l’Amager ou plutôt le long du stadsgraven, ce canal qui sépare les remparts de Cristinia de l’amager au coeur de Copenhague. Fondé de toute pièce par Cristian IV en créant des îles artificielles au XVIIè siècle, ce quartier a d’abord abrité des marchands pour finalement être occupé et transformé par une communauté communiste et présenté comme une alternative de vie, composée de baraques de toutes sortes après la seconde guerre mondiale. Il reste aujourd’hui de jolies cabanes, des cafés, squats artistiques et des chemins type promenade verte qui mènent , de façon complètement improbable au bout de la ballade, au Noma. Oui, vous ne rêvez pas, le Noma ce restaurant 2 étoiles, quatre fois promu “meilleur restaurant du monde” revisitant les principes de la cuisine nordique et trônant discrètement entre terre et mer, entre les débris de bateaux et le charme du lever de soleil sur le canal.

Pour le reste de la balade, la ville est parsemée de jolies choses, d’anciens bâtiments, de statues, de parcs et de petits quartiers biscornus où il est agréable de se perdre et très facile de retrouver son chemin.

Je n’ai pour sûr pas eu assez de temps à passer dans cette très surprenante capitale et je me suis même demandée si elle ne pourrait pas être une chouette option de vie… à méditer !

  

 

Malmö

Improbable Malmö, une petite ville au sud-ouest de la suède où les quartiers type HLM côtoient de très près les maisons bourgeoises. On fait vite le tour de ce petit morceau de terre qui longe la mer du nord, ses parcs, ses cafés, ses mall mais je retiens 3 choses qui m’ont vraiment marquées en tant que femme seule sur les routes.

La première, les sourires, la facilité de rentrer en interaction avec les gens là-bas et la simplicité avec laquelle ils et elles ont été curieux de ma présence. Il n’y a pas beaucoup de tourisme dans ce coin d’Europe et j’ai découvert qu’il existe aussi des endroits dans mon coin du monde où les gens sont encore surpris et volontaires de s’intéresser à l’autre. Evidemment, je pars avec quelques privilèges, je suis blanche, je parle anglais. Je rentre donc dans des cases qui sont certainement rassurantes. Mais néanmoins, pour le même prix les gens auraient juste pu m’ignorer comme c’est souvent le cas peu importe où je débarque en occident avec mon gros sac à dos. A Malmö, non, certaines personnes se sont donné du mal pour me rencontrer, pour me poser des questions, pour m’aiguiller vers le genre d’endroits que je cherchais – Alternatif, bien-être, bien manger – et c’était chouette de me sentir considérée malgré ma nette différence de caractère et de besoins. Ces personnes étaient curieuses, moi aussi et de cette curiosité sont nées de jolies rencontres.

La seconde, suite à mes rencontres j’ai été orienté vers les bains publics. Un ponton qui s’avance dans la mer où se trouve des saunas vitrés avec vue sur l’immensité de l’océan et les buildings éclairés de la ville au loin. Car oui, la coutume ici veut qu’on soit nu.e, comme un retour aux sources, à notre vraie nature et qu’on passe un bon quart d’heure/20 minutes dans le sauna en créant des chocs thermiques en alternance en allant se jeter dans les vagues de l’océan qui est à 6°C. Effet garantie, la sensation est extrêmement puissante, entre le “ho c’est tellement froid, je vais mourrir”, comme mille couteaux qui transpercent notre peau pour atteindre nos organes vitaux et “Waow je suis invincible”, sentiment de plénitude et de force dés qu’on ressort de l’eau. C’est dans son plus simple apparat, corps à la fois vulnérable et puissant qu’on réalise qu’on est bien peu de choses face à notre environnement et la force de la nature et en même temps fort.e, comme la nature elle-même puisque nous en faisons partie intégrante. Je fais partie de ces gens qui peuvent vite se laisser submerger par la domination de leur tête sur leur coeur et leur corps et cette expérience a sans aucun doute était un excellent reminder qui a invité ma tête à l’humilité pour laisser à mon corps l’espace qu’il mérite dans mon équation personnelle. Les suédois savent vivre, c’est à n’en pas douter.

La troisième enfin, la simplicité. Je ne sais pas si c’est une coïncidence de mes rencontres ou si réellement il y a de la simplicité dans le coeur de tous les gens de ce coin mais ça a été rafraîchissant de découvrir avec quelle rapidité et absence de jugement les gens de toutes classes se mêlent les uns avec les autres.  Les costards-cravates et les haillons se côtoient, les mèches gominées et les cheveux hirsutes se retrouvent aux mêmes endroits, les générations s’entremêlent jusque dans les bars et les pubs et il m’a semblé que tout le monde avait un mot ou au moins un sourire pour toutes les autres personnes qui l’entouraient.
Ca c’est exactement ce que je cherche à chaque fois, l’ouverture, l’acceptation, le partage… ces trois mots qui font au final tellement de sens lorsqu’on veut créer un sentiment d’appartenance, une communauté. Et c’est marrant de me dire qu’à Malmö, je me suis tout de suite sentie chez moi, c’était facile, c’était évident.

 

Malte : Un resort à ciel ouvert

Autre ambiance à Malte. J’avais en tête des cartes postales faites du bleu de la mer et de l’ocre de la terre, des photos de plats style méditerranéens et du calme à l’infini sur cette petite île que je pensais peu fréquentée…

Que néni ! J’ai découvert une île à deux faces. Pile, des falaises, des fermettes et terres arides, très peu d’occupation des sols et des routes quasi désertes le long desquelles ne poussaient que des figues de barbarie et des espaces de construction mettant à nue les paysages déjà peu variés. Face, une enfilade d’hôtels et plages privées où se bousculaient les jeunes gens, couples et familles, cocktail à la main sur fond de musique électro des années 90. Le tout ornementé de routes très étroites et constamment embouteillées sur lesquelles il était donc difficile de circuler à pied ou à vélo.

Les quelques sites à découvrir étaient remplis de touristes de toutes les formes et de toutes les couleurs, ce qui, je dois bien l’avouer, pour une louve solitaire dans mon genre était un peu difficile à intégrer. Et surtout cet omniprésence du tourisme a rendu les interactions avec les maltais très difficile. C’est comme si je n’avais pas trouvé comment aller les rencontrer…

Sauve qui peu… J’ai choisi de ne pas m’occuper de la terre pour me concentrer sur les eaux et parfaire mes compétences en plongée sous-marine. Chouette dynamique, chouettes lieux et pourtant difficile pour moi d’oublier que les épaves disponibles sur place sont des bateaux qui ont été volontairement coulés par les autorités à des fins récréatives (comprendre : Pour occuper les touristes).

Alors c’est sûr que je n’ai pas passé un mauvais moment et que comme à mon habitude, à défaut de rencontres authentiques, je me suis adaptée pour trouver autre chose (du soleil, du repos et de la solitude). Mais je dois bien avouer que s’il y a de nombreux endroits sur terre où je souhaiterai retourner, Malte ne fait pas partie de ma short list et ne m’aura pas laissé un souvenir impérissable. Certainement parce que j’ai eu l’impression d’être coincée dans une sorte de Disney land à ciel ouvert où les locaux ne sont que les petites mains au service de sa majesté le touriste roi. Ce n’est clairement pas ce que j’attends d’un voyage et je regrette certainement d’avoir découvert cette île en plein mois d’août… En tout cas, une chose est certaine, si je dois un jour y retourner, ça sera hors saison.

 

A bientôt

Alors voilà pour aujourd’hui, 3 pépites et une réflexion sur le voyage que je voulais vous partager.

Beau weekend à tou.te.s et je ne le dirai jamais assez, que vos/nos rêves soient grands et tumultueux, que la curiosité égaye vos/nos quotidiens et qu’on participe tou.te.s à l’évolution de notre société, chaque jour, chaque seconde, un rêve après l’autre, une valeur après l’autre, un pas devant l’autre.
A tout vite pour l’épisode 4, je fais le plein d’aventures et je reviens !